C’est officiel. Depuis ce lundi 5 janvier, Paul Ulrich Kessany est pleinement investi de ses fonctions de Ministre de la Jeunesse, des Sports et du Rayonnement culturel. En prêtant serment quelques jours après sa nomination, l’ancien capitaine emblématique des Panthères a franchi le Rubicon : il quitte le statut d’icône pour endosser celui de décideur, avec l’obligation immédiate de convaincre.
La cérémonie de prestation de serment, suivie de sa participation à son tout premier Conseil des ministres, n’avait rien d’anecdotique. Pour Paul Ulrich Kessany, ce rituel républicain marque le début d’un match bien plus complexe que ceux disputés sur les pelouses africaines. Ce serment l’engage vis-à-vis de l’État, mais surtout vis-à-vis d’une « famille sportive meurtrie », usée par une décennie de tâtonnements et de promesses sans lendemain.
L’enfant du sérail au pied du mur
La nomination de Kessany a suscité un immense espoir, car l’homme connait la musique. Ancien international, capitaine respecté, il maîtrise les codes du vestiaire, connait la douleur des défaites, l’euphorie des victoires, mais aussi – et surtout – la réalité crue du manque d’infrastructures et la précarité des athlètes gabonais.
Pourtant, cette légitimité de terrain est une arme à double tranchant. L’histoire récente du ministère des Sports invite à la prudence : les deux derniers ministres issus du monde sportif n’ont pas réussi à convertir leur expérience en politiques publiques efficaces. Le public gabonais, échaudé, observe cette nouvelle arrivée sans naïveté. L’aura du champion ne suffira pas à masquer d’éventuelles carences dans la gestion des dossiers.
Du conseiller au stratège
Paul Ulrich Kessany a cependant une carte maîtresse dans sa manche. Avant d’hériter de ce portefeuille, il occupait le poste stratégique de Conseiller spécial à la Présidence de la République en charge du sport et de la culture. Il arrive donc avec une connaissance des rouages administratifs et des « codes du pouvoir ».
Désormais, l’attente a changé de nature. On ne demande plus à Kessany d’être le capitaine courageux qui tacle pour sauver son camp, mais d’être le « stratège » visionnaire capable de redresser un ministère clé. Entre la gestion de la jeunesse, la relance des championnats et le rayonnement culturel, le chantier est immense. L’heure des symboles est révolue, place aux actes.



